Quelle place occupe réellement le salaire dans les attentes des cadres ?

par Thomas Baligrand

Ces derniers temps, plusieurs articles se sont fait le relais d’études qui démontrent que le salaire n’est plus la priorité des travailleurs. Des critères plus humains, comme le bonheur au travail, la reconnaissance, les relations entre collègues, la responsabilité sociétale ou le sentiment d’utilité ont pris le dessus sur des critères a priori attendus comme la rémunération ou la perspective de carrière. Cette tendance semble aller au-delà des nouvelles générations et concerne l’ensemble des salariés. Ce changement est-il le signe d’une modification des mentalités ? Plus que l’argent, la consommation et la carrière, de nombreux salariés désirent-ils désormais l’épanouissement au travail ? La réponse à cette question mérite d’être nuancée…

De l’importance du bonheur au travail

Il n’est aujourd’hui plus possible de remettre en cause les travaux qui insistent sur le rôle déterminant du bien-être au travail. Au-delà d’être une source d’épanouissement, il a des effets réels sur la motivation et l’efficacité.

Parmi les études récentes, nous pouvons citer celle de Génération Cobaye portant sur le bonheur chez les jeunes (2016), dans laquelle on apprend que le sens de leur travail, la passion qu’ils y mettent, son utilité sociale est pour eux primordial. Une majorité considère également que gravir les échelons n’est pas essentiel au bonheur et que gagner beaucoup d’argent n’est pas important. Evoquons également cette autre étude d’avril 2017, menée par le bureau d’études Lightpseed, qui met en évidence que ceux que l’on appelle « les millenials » estiment qu’il est déterminant pour eux que leur employeur incorpore à leurs activités des éléments du développement durable. Selon cette enquête, cela deviendrait même une priorité dans leur choix de carrière.

Dans la même veine, une autre étude menée par Wilgoose en 2017, auprès des salariés de 120 entreprises britanniques, a mis à jour que ce ne sont plus nécessairement les salaires ou les perspectives de carrière qui guident aujourd’hui les choix des travailleurs. Ce sont plutôt l’ambiance de travail et le bien-être qui priment. Cette tendance va au-delà de la dimension générationnelle puisque l’étude porte sur des salariés de tous âges et de tout type d’entreprise.

Mais au fait, qu’est-ce que le bien-être au travail ?

Que signifie être satisfait ou heureux au travail ? Déterminer cette notion reste compliqué et varie selon les sujets d’études et les approches. Selon l’étude Wildgoose, le rôle que jouent les “amis” au travail est déterminant du bonheur et rend la vie au bureau plus agréable. Parmi les autres ingrédients de la recette du bonheur en entreprise, d’autres études évoquent le besoin d’autonomie. A l’inverse d’un management centré sur un contrôle strict et étouffant du travail des collaborateurs, un encadrement qui favorise l’autonomie permettrait d’augmenter la productivité, la confiance en soi et la satisfaction des travailleurs.

Le sentiment d’utilité influe également sur le bonheur, comme l’a encore montré une récente étude Robert Half. Ainsi, les salariés qui considèrent leur travail utile auraient 3 fois plus de chances d’être heureux que les autres. L’étude rappelle également que le sentiment d’être apprécié est l’un des 5 principaux facteurs de bonheur, avec l’équité, le respect, l’accomplissement et la fierté.

D’une manière générale, plusieurs facteurs conditionnent le bonheur et la satisfaction au travail : l’atmosphère au sein de l’entreprise, la qualité des missions, le fait de se sentir impliqué et entendu. De même, la transparence joue un rôle, en particulier lorsqu’elle passe par une excellente communication et traduit la confiance d’un employeur vis-à-vis de ses employés.

Le salaire est-il réellement passé au second plan des attentes des salariés ?

Ces études ne doivent pas nous faire plonger dans un angélisme béat et nous faire croire que la rémunération n’a plus d’importance. La rémunération reste un outil de fidélisation majeur, comme nous le rappelle l’enquête Robert Half précédemment citée : « L’insatisfaction liée au salaire est un élément clé dans le cas d’une démission : 69% des salariés interrogés disent que l’opportunité d’une meilleure rémunération est ce qui les incite le plus à quitter leur emploi ». Au passage, l’étude révèle un taux d’insatisfaction au travail qui grimpe avec l’âge. Une partie des 35-49 ans se disent déçus de ne pas avoir évolué dans leur carrière comme ils l’auraient souhaité.

Par ailleurs, les enquêtes qui mettent en avant d’autres facteurs que le salaire dans les conditions du bonheur au travail présentent des résultats qui varient en fonction du genre et de la position dans l’entreprise : ce phénomène concerne plus les femmes que les hommes et plutôt les employés et cadres non dirigeants que les managers et directeurs. Enfin, les jeunes actifs (26-34 ans) et les travailleurs plus mûrs (55-64 ans) donnent le plus d’importance au bonheur. Même chose pour les salariés des PME plutôt que ceux des grandes entreprises.

Même s’ils ne sont plus les critères premiers, le salaire et les perspectives d’évolution continuent donc de compter. Ils restent la traduction, aux yeux de l’employeur, de notre valeur au sein de l’entreprise. Trop bas, le salaire peut avoir un impact sur la confiance et la qualité de vie en dehors du travail. Une augmentation ou une évolution de poste témoignent de la qualité de notre travail et continuent d’influer sur la motivation et le sentiment d’être valorisé.

Nous ne sommes pas tous égaux face au bonheur

Cependant, il convient de distinguer satisfaction, insatisfaction et bonheur au travail. Comme nous l’apprend le psychologue américain Frederick Herzberg, … lire la suite sur le blog www.apec.fr

plaisir au travail

Bien-être et motivation au travail : une Europe à deux vitesses, Social

Les résultats d’une enquête européenne sur la et la (qualité de vie au travail). Sans surprise, les pays qui doutent pour leur avenir économique sont les plus inquiets, mais par contre certains pays du nord par exemple font de meilleurs scores sans pour autant avoir des perspectives de développement importantes (PIB) …

voici un extrait de l’article des Echos:

 

L’enquête révèle aussi la relative satisfaction des salariés européens face à la transformation numérique en entreprise : les trois quarts se disent familiers avec ces nouveaux outils de travail, et 40 % estiment positif l’impact du numérique sur leur motivation au travail contre 40 % à le trouver neutre. Seulement 12 % trouvent cet impact négatif. Deux bémols toutefois  : un salarié sur quatre juge son entreprise en retard sur l’intégration des nouveaux usages numériques et un sur cinq avoue s’inquiéter de leur impact sur l’équilibre entre sa vie professionnelle et sa vie privée. Sept salariés sur dix indiquent ainsi être sollicités en-dehors des heures de travail (dont 18 % « souvent »). Cette proportion atteint même 87 % chez les managers.

Autre enseignement de l’étude, le bonheur et la motivation ne sont pas directement corrélés au niveau d’activité : la Pologne, pays au plus fort taux de croissance projeté pour 2015 (3,4 %), se retrouve dernière au classement du , avant-dernière à celui de la confiance et douzième à celui de la qualité de vie au travail, alors que la Finlande et les Pays-Bas abritent des salariés motivés et heureux malgré leur faible taux de croissance.

Mais l’enquête met surtout en lumière de fortes disparités entre pays, dessinant en creux une Europe à deux vitesses en matière d’accomplissement personnel au travail. Au Nord, les salariés d’Allemagne, d’Autriche, de Suède ou des Pays-Bas sont à la fois les plus confiants – autant en leur pays qu’en leur entreprise et en leur propre avenir professionnel -, les plus heureux professionnellement ou encore les plus satisfaits de la qualité de vie chez leur employeur. A l’opposé, les salariés d’Europe de l’Est et du Sud, en particulier en Pologne, en Roumanie, en Espagne et en Italie ferment souvent la marche. Moins d’un italien sur quatre par exemple est confiant quant à l’avenir de son pays. Le tableau n’est pas beaucoup plus reluisant en France : 41 % des salariés s’y disent heureux au travail (9 % jamais, 48 % de temps en temps), mais dans le même temps, 34 % avouent que leur motivation flanche et ils se montrent parmi les plus sévères sur la qualité de vie au travail dans leur entreprise.

Les travaux récents en management insistent sur l’impact positif du bonheur sur la productivité, invitant les dirigeants à s’intéresser de près au bien-être de leurs salariés. Il reste du chemin à parcourir, selon le baromètre Ipsos publié mardi et réalisé en janvier 2015 auprès de 13.600 salariés dans quatorze pays européens pour le prestataire de services aux entreprises Edenred. Les salariés européens y sont 38 % à se dire « souvent» heureux au travail, contre 52 % « de temps en temps » et 8 % « jamais ». Mieux, en dépit du durcissement des conditions de travail souvent entraîné par la crise, 69 % estiment que leur motivation reste stable ou augmente. Ils ont même majoritairement confiance en l’avenir de leur entreprise (61 %) et en celui de leur carrière (55 %), malgré un regard plus sombre sur l’avenir de leur pays (seuls 40 % sont confiants).

Fortes disparités entre pays

Mais l’enquête met surtout en lumière de fortes disparités entre pays, dessinant en creux une Europe à deux vitesses en matière d’accomplissement personnel au travail. Au Nord, les salariés d’Allemagne, d’Autriche, de Suède ou des Pays-Bas sont à la fois les plus confiants – autant en leur pays qu’en leur entreprise et en leur propre avenir professionnel -, les plus heureux professionnellement ou encore les plus satisfaits de la qualité de vie chez leur employeur. A l’opposé, les salariés d’Europe de l’Est et du Sud, en particulier en Pologne, en Roumanie, en Espagne et en Italie ferment souvent la marche. Moins d’un italien sur quatre par exemple est confiant quant à l’avenir de son pays. Le tableau n’est pas beaucoup plus reluisant en France : 41 % des salariés s’y disent heureux au travail (9 % jamais, 48 % de temps en temps), mais dans le même temps, 34 % avouent que leur motivation flanche et ils se montrent parmi les plus sévères sur la qualité de vie au travail dans leur entreprise.

Autre enseignement de l’étude, le bonheur et la motivation ne sont pas directement corrélés au niveau d’activité : la Pologne, pays au plus fort taux de croissance projeté pour 2015 (3,4 %), se retrouve dernière au classement du bonheur au travail, avant-dernière à celui de la confiance et douzième à celui de la qualité de vie au travail QVT, alors que la Finlande et les Pays-Bas abritent des salariés motivés et heureux malgré leur faible taux de croissance.

Impact positif du numérique

L’enquête révèle aussi la relative satisfaction des salariés européens face à la transformation numérique en entreprise : les trois quarts se disent familiers avec ces nouveaux outils de travail, et 40 % estiment positif l’impact du numérique sur leur motivation au travail contre 40 % à le trouver neutre. Seulement 12 % trouvent cet impact négatif. Deux bémols toutefois  : un salarié sur quatre juge son entreprise en retard sur l’intégration des nouveaux usages numériques et un sur cinq avoue s’inquiéter de leur impact sur l’équilibre entre sa vie professionnelle et sa vie privée. Sept salariés sur dix indiquent ainsi être sollicités en-dehors des heures de travail (dont 18 % « souvent »). Cette proportion atteint même 87 % chez les managers.

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